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Je parle de vieillesse à la femme que j'aime; on me répond : « C'est dans Ronsard, tout ça. » Je parle d'un deuil profond et d'une enfant qui s'est noyée; on me répond : « Tout ça, c'est dans Victor Hugo. »
Je parle d'un cœur lourd comme un lac en colère; on me répond: « Tout ça, tu vois c'est Lamartine. » Je parle de musique et d'un parc dans la brume; On me répond: « Tout ça, Verlaine y est passé. »
Je parle de partir, là-bas vers l'équateur; on me répond: « Tout ça, c'est Rimbaud. » Je parle de mon orgueil et de ma solitude amère;
On me répond : « C'est dans Vigny, t'as pas de chance. » Je ne parlerai plus, de peur de les gêner, ces salauds qui sans moi ont écrit mes poèmes.
Alain Bosquet, Sonnets pour une fin de siècle, © Éditions Gallimard, 1980.
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