|
Mes camarades au long de ces années d'enseignement Si je fus le compagnon de vos rêves pédagogiques, maintenant Je suis dans ces lieux avec vous Et mon verbe a pris la couleur des adieux
Longtemps je fus ce pédagogue meurtri par les normes Qui frissonnait dans les parallèles de ses pensées Qui rugissait à la perspective de vains espoirs Et son cœur raillait la crue des impuissances
Or, je vois nos êtres vagabondant dans le siècle Je vois nos limites et j'ai mal en chacun de nous
Aujourd'hui dans ces murs où les sourires fourmillent J'entends les bruits sourds de vos réformes J'entends surgir dans vos cœurs des envies Des tourbillons de projets, des stratégies nouvelles
Toi, collègue, tu te tiens droit dans ces jours Tu jettes tes regards vers des horizons non tracés Tu sais que rien ne sera facile Que le principal adversaire sera la réforme elle-même Cet adversaire qui sournoisement te fera croire Que les jeunes vont prendre d'assaut ta classe Que les apprentissages seront leurs délices quotidiennes Que les échecs seront terrassés Que le bonheur c'est l'école
Si tu écoutes l'autre partie de toi-même Tu entendras d'autres voix qui diront Que la réforme n'est pas une loterie absolument gagnante Que ta passion est ce qui enflamme Que les murs de ta classe résonnent la douce mélodie De tes notes Que la différence pédagogique est le nectar De la vibration novatrice Que tu es la réforme qui reforme ce qui déforme
Maintenant une nouvelle étape est au rendez-vous Quant à moi je m'extirpe de ces lieux
D'autres horizons D'autres rencontres D'autres défis D'autres possibles Feront le quotidien de ma légende personnelle.
Jacques Rancourt Poème inédit
Page d'accueil | Autres pages
|
|