Dans cette section, des agents et agentes de pastorale vous proposent leur réflexion.
Texte de Marthe Boudreau publié dans le Rapporteur d'octobre 2001.
Un congrès comme rivière (1)
Du 15 au 17 août dernier, pas moins de 650 personnes participaient au congrès des ministères de l'Assemblée des évêques du Québec. Venues des divers diocèses baignés par une variété de rivières, elles ont vite pris le large pour naviguer sur l'inédit. Le thème «Le service de l'Évangile : au début d'un nouveau monde» n'avait pas prédit, au départ, une telle aventure. Marie Chrétien et Denis Robitaille, par leur animation, ont su larguer les amarres pour mettre le cap sur l'essentiel.
La conférence d'ouverture d'André Beauchamp nous a centrés sur la visée que nous portons comme responsables, comme ministres, comme leaders spirituels au service de l'Évangile. Il a tenté et réussi à montrer «ce que l'analyse de l'eau nous dévoile et de nous-mêmes et de l'eau» (2). Il n'y avait plus ni évêques, ni prêtres, ni diacres, ni agents, agentes de pastorales ou «ni ministres ordonnés ou pas» (3). Le conférencier s'est adressé à nous en termes de «bien-aimés soeurs et frères en Jésus-Christ» (4). Ce titre de gloire nous appartient, disait-il. Ainsi la force même de ce congrès est que nous étions invités à nous unir sans mettre en relief nos spécificités pour chercher réponse à la question cruciale suivante : «Comment donner de l'eau, de la vie au monde qui vient ?»(5) André Beauchamp nous rappelait combien «la Parole est au coeur humain ce que l'eau est à la vie». (6)
Préparée par le Diocèse de Chicoutimi, une magnifique liturgie invitait à intérioriser ce que nous avions vécu, écouté et entendu tant à l'Université Laval que dans le Vieux Québec. Dans le monde des affaires, le monde de la culture, le monde des femmes, le monde des jeunes, le monde de la science, le monde des premières Nations, le monde de la santé, etc. les audaces d'hier et les besoins d'aujourd'hui ont été clairement énoncés, nommés. Aussi dans notre monde actuel, n'aurions-nous pas avantage à susciter, à vivre ensemble des temps d'intériorisation plutôt que des temps de célébrations ?
Dans la dernière étape, un fort vent d'espérance nous exhortait à aller plus loin, à oser, à ne pas lâcher puisqu' Il est avec nous. Quel souffle! Quelle audace! Faut-il rappeler, qu'à la fin, Roland Leclerc est intervenu pour nous demander : «S'il vous plaît, en sortant, n'éteignez pas l'Esprit-Saint!»
«Comme nous n'avons jamais fini de naître et d'être des baptisés»(7) je vous souhaite que malgré les réunions, les comités, les JMJ, les horaires fous, vous preniez le temps de vous arrêter à la margelle d'un puits ou sur le bord d'une rivière pour entendre collectivement le murmure des femmes et des hommes d'aujourd'hui qui demeurent des assoiffés de Dieu. Pourquoi ne pas prendre le temps de vous désaltérer avec celles et ceux qui n'ont pas pu participer à cet événement marquant, ce congrès qui a su nous rappeler que nous connaissions bien peu nos eaux souterraines ?
D'ici quelques jours, je prendrai ma retraite après plusieurs d'années comme agente de pastorale. Serai-je menée vers les eaux tranquilles (Ps22,2) ? Bien sûr, je compte y retrouver de l'espace pour contempler la quiétude du lac, pour y percevoir une fraîcheur de brise et de rosée (Dan3,50), mais je me permets de penser que je serai encore secouée dans quelque tempête ou isolée dans quelque désert.
Mes compagnons et mes compagnes savent que je pars toujours aussi habitée et imbibée de nombreuses questions. Je n'en finirai jamais d'être en recherche, en quête de puits, d'eau vive dans ma volonté de demeurer au service du Dieu de Jésus-Christ. Merci à chacune et chacun de vous qui avez été sur ma route. Vous m'avez aidé à garder la cadence difficile ou permis de faire les haltes nécessaires. Ne cherchons-nous pas, toutes et tous, à demeurer dans la foulée de L'homme qui marche (8). Jean Brunelle et Charlotte Plante nous rappellent qu'à la retraite nous avons Encore la vie devant soi (9). Puisque l'Esprit nous précède, je compte garder une espérance quasi têtue.
Marthe Boudreau
1. En faisant référence à la biographie de Simone Monet-Chartrand,
Ma vie comme rivière.
2.3.4.5.6.7.8. Extraits de la conférence d'ouverture d'André Beauchamp, 15 août 2001.
8. En faisant référence au livre de Christian Bobin, L'homme qui marche.
9. Un bon livre pour quitter, se réorienter et repartir, Encore la vie devant soi de Jean Brunelle et Charlotte Plante.
Texte de Béatrice Pedneault et Yvette Roy, publié dans la revue Pastorale Québec d'août 2001.
Notre Archevêque et l’engagement des laïques.
Ce jubilé d’ordination au presbytérat nous fourni l’occasion de souligner l’attention privilégiée que Mgr Couture accorde à l’engagement des laïques ans notre Église diocésaine. Comme dans bien d’autres sphères d’activités, les perceptions personnelles oscillent entre le trop et le trop peu, mais encore... Bien avant d’être archevêque et même évêque auxiliaire de Québec, le P. Maurice Couture croyait à l’action ecclésiale des laïques au nom de leur foi. Il est un fervent promoteur de la conviction profonde qui l'habite: le baptême nous fait tous et toutes prêtres, prophètes et rois.
Parole de laïques
Son ministère épiscopal est caractérisé par son souci de donner la parole aux laïques. Certains affirment même qu’il leur fait trop de place. Donner la parole, mais aussi, écouter et entendre cette parole : rappelons-nous les Assemblées d’Église (1992), le Synode diocésain (1993-1995), de nombreuses consultations et surtout le rôle du Conseil diocésain de Pastorale (CDP) et du Comité diocésain d’orientation pastorale (CDOP). Parole entendue et devenue inspiration de la Loi synodale, de grandes orientations et de projets diocésains. Pour notre évêque, les laïques baptisés ont leur place au cœur de l’Église et du monde.
Ministère original des agentes et agents de pastorale.
Longue marche parfois timide et lente mais aussi, assurée et audacieuse, telle est l’image de la reconnaissance du ministère des agentes et agents de pastorale. Cette reconnaissance du caractère professionnel, vocationnel et enfin ministériel se retrouve dans les responsabilités qui leur sont confiées : animation pastorale des services diocésains et des paroisses, de milieux hospitaliers et autres lieux d’appartenance ecclésiale. La Pentecôte 2001 a vu naître une tradition diocésaine : célébration présidée par l’Archevêque pour remettre le mandat pastoral à une trentaine de laïques et marquer le caractère " intra-écclésial " de leur ministère, selon la formule de Jean-Paul II dans L’Église en Amérique (no 44).
Les avancées de Mgr Couture pour la reconnaissance du ministère des agentes et agents de pastorale sont marqués de la préoccupation du Pasteur : la tête et le regard fixés sur le Maître et sur le Chef spirituel de l’Église, de même que le cœur penché sur les aspirations et les besoins du troupeau et des ouvriers, ouvrières qui en prennent soin avec lui. Entre les positions officielles qui semblent marquer le pas et même reculer, il explore et exploite les brèches porteuses d’espérance. Retenons les balises de la marche en avant : règlements diocésains sur les conditions de travail, le mandat pastoral, l’embauche, le stage en pastorale, lettre sur la participation des laïques à l’homélie et celle de l’évangélisation. Pour Mgr Couture, redonner la place aux laïques n’est pas une seule question de suppléer à la diminution des ministres ordonnés, mais plutôt de permettre aux baptisés de remplir leur responsabilité originale dans l’édification de l’Église. Une prochaine étape monte déjà à l’horizon, celle annoncée dans sa lettre du 12 juin 2000 : la reconnaissance de nouveaux ministères confiés à des laïques, hommes et femmes de chez nous que tous ensemble nous appellerons à mettre leurs charismes au service de leur communauté.
Mgr Couture nous trace la voie, sa préoccupation pour les laïques traverse son action épiscopale, il nous appartient de prendre avec lui la route de " l’inédit de l’Évangile ".
Béatrice Pedneault
Yvette Roy
Service des ressources humaines.
Pastorale-Québec, 24 septembre 2001