Page de la loi synodale, sections 2 et 3

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Site du Regroupement des agentes et agents de pastorale laïques du Diocèse de Québec

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L'Église au coeur du monde

Sur le sens et l'importance de l'engagement des chrétiens et chrétiennes dans le monde, le Concile Vatican II nous donnait, il y a trente ans, un enseignement qui n'a rien perdu de son actualité; "... l'attente de la terre nouvelle ne doit pas diminuer, mais plutôt exciter le souci de cultiver notre terre: c'est là que le corps de la nouvelle famille humaine grandit, ... (et) s'il faut soigneusement distinguer progrès terrestre et croissance du Règne du Christ, ce progrès importe cependant beaucoup au Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société" (Constitution pastorale "Gallium et seps", sur L'Église dans le monde de ce temps, no 39).

Dans notre Église de Québec, nous sommes héritiers d'une histoire où les croyants et croyantes ont toujours été profondément engagés dans l'amélioration de la vie en société. Par le biais des communautés religieuses en particulier, ils ont oeuvré dans les domaines de l'éducation, de la santé, des services sociaux et de l'aide aux personnes âgées.

Les vingt-cinq dernières années ont apporté à la majorité de la population un surcroît de confort matériel et de sécurité. Pourtant, des personnes restent en marge de ces progrès et de nouvelles pauvretés se développent, accroissant ainsi l'écart entre les plus pauvres et les plus riches.

L'abolition de nombreux emplois, la multiplication des familles brisées, le décrochage scolaire de plusieurs jeunes, la difficulté d'accueillir vraiment les immigrants, tout cela crée de nouvelles exclusions et nous amène au paradoxe d'une économie "qui va bien" alors que les personnes, elles, vont mal. Une réaction facile est de reprocher aux personnes qui souffrent ainsi d'être les responsables de leurs problèmes. En réfléchissant plus profondément, nous constatons plutôt que c'est toute l'organisation de la société qui engendre ces problèmes, même si des déficiences personnelles rendent certaines personnes plus vulnérables.

Les chrétiens et les chrétiennes, au nom de leur foi, refusent ce qui leur est présenté comme une fatalité. Ne croyons-nous pas en un Dieu qui nous a confié le monde afin que nous le rendions plus beau et plus juste ? Ne croyons-nous pas en Jésus-Christ qui nous dit: "...chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait " (Mt 25, 40) ? Sans nous fournir des solutions détaillées aux questions sociales, l'Évangile nous invite à utiliser tous nos talents et notre imagination pour que s'améliore notre vie en société.

Voilà les préoccupations exprimées par les membres du Synode et c'est pourquoi je promulgue des articles de loi qui pourront donner une impulsion nouvelle à l'action pour la justice et attirer l'attention sur quelques problèmes plus urgents. C'est également la suite logique des travaux de la commission diocésaine "Justice et Foi" qui, depuis 1984, inspire plusieurs initiatives en ce sens.

A) Principes de base

Quatre articles de loi réaffirment de grandes orientations qui peuvent guider l'action de l'Église dans le domaine de la justice sociale.

Article 25. Qu'en Église nous options pour la dignité de tout être humain et le droit de toute personne au respect de son intégrité; l'équité dans la répartition de la richesse collective, du travail et des responsabilités sociales; la protection des valeurs familiales; l'égalité entre les hommes et les femmes.

Article 26. Que l'engagement pour la justice sociale devienne une priorité diocésaine; que cet engagement soit assumé au quotidien par les chrétiens et les chrétiennes qui se donneront les moyens concrets plus le réaliser.

Article 27. Qu'en Église nous intervenions sur la place publique par une large diffusion de la pensée sociale de l'Église; par de judicieuses prises de position sur les projets de loi à portée sociale; par la dénonciation de situations qui mettent en péril la justice sociale.

Article 28. Qu'en Église nous soutenions activement l'action des groupes qui s'engagent localement et internationalement pour la justice sociale et qui oeuvrent sur le terrain en partenariat avec les personnes démunies.

B) Domaines d'actions plus spécifiques

Les membres du Synode ont aussi précisé des domaines où l'action pour la justice paraît plus pressante: les politiques familiales, la lutte contre la violence, la prévention du suicide, l'élimination de la pauvreté et du chômage. Tout comme dans les autres chapitres, lorsqu'ils réclament une action de la part de l'Église, les membres du Synode entendent bien exprimer que cette responsabilité concerne toutes les chrétiennes et tous les chrétiens, et non seulement les pasteurs.

Article 29. Qu'en Église les baptisés continuent de revendiquer auprès des gouvernements une politique familiale qui permette de mieux concilier charges familiales et charges de travail, en favorisant au besoin la présence au foyer d'un parent. Cette politique traiterait également de questions connexes telles que fiscalité, aide au logement, etc.

Au cours des dernières années, nous avons développé une conscience accrue de la violence qui existe autour de nous, tant dans les milieux familiaux que dans les milieux de travail. Cette violence devient de plus en plus intolérable à mesure que s'accroît notre conscience de la dignité de chaque être humain. D'où les articles suivants:

Article 30. Que les chrétiens et les chrétiennes collaborent activement avec les organismes et les groupes communautaires engagés dans la lutte contre la violence et le soutien de ceux et celles qui en sont victimes.

Article 31. Que l'Église de Québec soit partenaire dans la formation d'intervenantes et d'intervenants en dépistage et en prévention de la violence dans les milieux de vie (famille, école, rue, loisirs, etc.).

Article 32. Qu'en Église, nous exercions des pressions sur les responsables des médias et sur les commanditaires afin d'enrayer la violence qui y est véhiculée.

Article 33. Que soient élaborés des moyens concrets pour sensibiliser et éduquer les chrétiens et les chrétiennes au développement du sens critique face à la violence et à la pornographie dans les médias.

Par ailleurs, la montée du suicide chez les jeunes générations devient de plus en plus préoccupante et les articles de loi suivants précisent certains moments d'affronter ce problème:

Article 34. Que les chrétiens et les chrétiennes collaborent activement avec les organismes communautaires existants qui sont préoccupés par la problématique du suicide.

Article 35. Que l'Église participe à la formation d'intervenants et d'intervenantes en vue d'une action auprès des personnes suicidaires et de leur entourage.

Article 36. Que les paroisses et les écoles fassent partie d'un réseau de prévention du suicide.

Au cours des dix dernières années, évêques, religieux et leaders sociaux ont donné l'alarme au sujet de l'appauvrissement d'une partie

importante de notre population. L'Année internationale pour l'élimination de la pauvreté, proclamée pour 1996, sera un stimulant en vue d'une meilleure action en ce sens. D'autre part, en ce qui concerne l'emploi, les membres du Synode ont voulu exprimer un appui aux initiatives de partage de l'emploi et du revenu, même si cette formule n'est pas toujours facile à mettre en application. Je promulgue donc les articles suivants:

Article 37. Que l'Église du Québec, en partenariat avec les instances politiques et les groupes communautaires, collabore à la mise sur pied de projets concrets de lutte contre la pauvreté et qu'elle soutienne les personnes et les groupes déjà engagés dans de tels projets.

Article 38. Que des chrétiens et des chrétiennes, experts en économie ou en question sociales, soient mandatés par l'évêque pour former un comité chargé de proposer à notre Église diocésaine des pistes d'action en vue d'améliorer la situation de l'emploi.

Article 39. Que les chrétiens et les chrétiennes du diocèse soient invités à chercher ensemble comment ils pourraient poser des gestes de partage de l'emploi dans leur milieu de travail. Qu'ils s'unissent pour réclamer des législations favorisant un meilleur partage du travail et des revenus dans la société.

Enfin, deux autres articles parlent d'eux-mêmes:

Article 40. Qu'en Église, nous posions des gestes publics en faveur de la paix: marches, défilés, témoignages, message d'amour, journée annuelle, semaine de la paix, prière pour la paix, formation de groupes de partage et d'entraide.

Article 41. Que chaque conseil paroissial de pastorale prenne en compte la priorité diocésaine pour la justice sociale et qu'il voie avec les chrétiens et chrétiennes du milieu, et avec les organismes touchés, les façons de rendre concret ce dossier.

C) Présence de l'Église dans les médias

Les membres des équipes synodales ont abondamment parlé de la nécessités pour l'Église d'être présente dans le monde des moyens modernes de communication. Deux aspects complémentaires ont été soulevés: d'une part la possibilité d'utiliser les moyens de communications pour transmettre l'enseignement chrétien, d'autre part l'importance pour les membres de l'Église d'être présents et agissants dans les milieux des communications. Ces préoccupations ont donné naissance à trois articles de loi:

Article 42. Que l'Église de Québec utilise les médias et tous les moyens techniques modernes à sa disposition, en particulier les moyens audiovisuels, pour éduquer la foi des personnes baptisées, initier à la parole de Dieu, promouvoir les valeurs chrétiennes et évangéliques, faire connaître ses enseignements, publiciser ses prises de position sur les grands enjeux de notre temps et informer sur la vie de la communauté diocésaine.

Article 43. Que la famille soit une clientèle cible à privilégier lorsque l'Église intervient dans les médias; que la famille reçoive alors l'information et le support dont elle a besoin pour sa croissance.

Article 44. Que l'Église du Québec prenne les mesures pour s'adapter à des communications en s'assurant les services d'une équipe responsable des communications et de la transmission adéquate du point de vue chrétien dans les médias.

D) Questions morales touchant à la maladie et à la mort

Les articles de loi suivants touchent aux réalités de la maladie et de la mort et aux questions morales souvent angoissantes qui s'y rattachent. Les membres du Synode ont à la fois voulu exprimer leur adhésion

aux positions officielles de l'Église sur ces points, redire la nécessité d'accompagner les personnes souffrantes et inviter à un dialogue éthique avec les personnes oeuvrant dans les milieux de la santé. Je promulgue ces articles, mais je décide aussi de faire réaliser une étude plus approfondie, qui est confiée à une commission présidée par le docteur Claude Lamontagne. Cette commission élaborera un texte adapté à notre société québécoise pour présenter l' "Évangile de la vie" dont parle le pape Jean-Paul II dans sa récente encyclique "Evangelium vitae" sur La valeur et l'inviolabilité de la vie humaine (25 mars 1995)

Article 45. Que les chrétiennes et chrétiens aident les personnes confrontées à la souffrance et à la mort à découvrir un sens à ce qu'elles vivent pour qu'elles puissent y trouver un chemin de croissance et de vie, et qu'en plus, l'Église, dans son discours officiel, réaffirme sa position sur l'euthanasie, sur la cessation de traitement et sur l'acharnement thérapeutique.

Article 46. Que l'Église maintienne son discours officiel à l'effet que la mort ne peut être provoquée dans le but de mettre fin aux souffrances physiques et/ou morales d'une personne, mais que d'autres moyens appropriés peuvent être utilisés dans le but de soulager la souffrance.

Article 47. Que l'Église de Québec établisse des liens avec les membres des centres de recherche pour que les travaux y soient réalisés dans le souci du respect de la vie.

Article 48. Que l'autorité diocésaine élabore, avec l'aide de divers spécialistes et de personnes engagées dans le domaine de la santé, une présentation claire et cohérente de l'enseignement de L'Église touchant les questions relatives à la maladie et à la mort (avortement, acharnement thérapeutique, soins palliatifs, euthanasie, don d'organes, testament biologique, manipulations génétiques, etc.). Que cet enseignement soit largement diffusé et spécialement auprès des personnes œuvrant dans le milieu de la santé.


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Les personnes, leur rôle et leur formation dans l'Église

Les deux premiers chapitres ont traité de la mission de l'Église dans le monde d'aujourd'hui et du témoignage de la Bonne Nouvelle de Jésus. Ce troisième chapitre est centré sur les personnes qui sont appelées à divers services pour enrichir la vie de la communauté et lui faire porter tous ses fruits.

Comme le dit la constitution conciliaire "Lumen Gentium" sur l'Église (no 12): ".... le même Esprit Saint non seulement sanctifie le Peuple de Dieu, le conduit et l'orne de vertus au moyen des sacrements et des ministères mais, "en distribuant à chacun ses dons comme il lui plaît" (1 Co 12, 11), il dispense également, parmi les fidèles de tout ordre, des grâces spéciales qui les habilitent à assumer des activités et des services divers, utiles au renouvellement et à l'expansion de l'Église, suivant ces paroles: "À chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun" (1 Co 12, 7)".

Les trois années de la démarche synodale auront bien montré les divers charismes des baptisés. Une conscience accrue des richesses du baptême et de la confirmation permet d'affirmer que les personnes laïques assument et assumeront des responsabilités de plus en plus nombreuses dans notre Église. Parmi elles, et avec une formation appropriée, certaines personnes sont appelées à remplir des charges pastorales officielles; le nombre de ces agents et agentes de pastorale n'a cessé de croître au cours des dernières années.

Cependant, il nous faut aussi préciser le rôle propre des ministres ordonnés, diacres, prêtres et évêques. À ce moment de notre histoire, le nombre de prêtres diminue et leur âge augmente, situation qui confère un caractère d'urgence particulière à des question telles: les conditions d'accès aux ministères ordonnés, les liens entre prêtres et laïcs dans l'animation pastorale des communautés, la nature du charisme de "présidence", l'exercice de cette présidence dans les situations où chaque paroisse ne peut plus avoir de prêtre résident, etc.

Les membres du Synode ont voté des propositions qui esquissent de nouvelles formes de collaboration entre prêtres et personnes laïques. Ils ont aussi été en faveur de changements qui affectent la façon même dont l'Église a conçu le ministère ordonné jusqu'aujourd'hui. Cette tradition ministérielle de l'Église catholique est l'objet de bien des débats, particulièrement la question de l'accession possible des femmes au sacerdoce; les discussions synodales y ont fait écho. De tout cela, j'ai conclu à l'opportunité de demander la publication d'un texte d'éclaircissement sur les ministères. Je promulgue donc ici les seuls articles de loi qui relèvent de ma responsabilité de premier pasteur de Québec. On trouvera dans un texte complémentaire les propositions dont je me ferai le messager auprès de mes confrères évêques et du pasteur de l'Église tout entière.

Plusieurs articles de ce chapitre traitent de l'éducation de la foi des adultes, éducation qui habilite tout baptisé à mieux témoigner de l'Évangile. D'autres articles traitent plus précisément de la formation des personnes qui assument des responsabilités pastorales, qu'elles soient ordonnées ou laïques. Le chapitre se conclut par des orientations sur les réaménagements des paroisses et sur le rôle que peut jouer l'animation des régions pastorales dans la vie de l'Église.

A) Rôle du prêtre et rôle des personnes laïques dans l'Église

Un premier ensemble d'articles visent à cerner les rôles respectifs des ministères ordonnés et des laïcs dans notre Église, sans toutefois en faire une élaboration théologique poussée. Ils veulent assurer que le prêtre pourra vraiment accomplir son rôle propre en évitant une surcharge de travail et de préoccupations.

Article 49. Que le prêtre soit d'abord et avant tout porteur de l'amour de Jésus; que ses attitudes et son comportement en témoignent.

Article 50. Que l'Église de Québec réaffirme avec force que des fidèles laïques devraient toujours être associés au curé dans sa charge pastorale et qu'ils ont à porter avec lui la responsabilité de la mission pastorale aussi bien que de l'administration.

Article 51. Que des personnes laïques assument diverses tâches reliées à l'enseignement de la foi et à l'exercice de l'autorité dans notre Église diocésaine et paroissiale.

Article 52. Que l'évêque et les curés exposent les besoins actuels de l'Église. Qu'ils interpellent et fournissent le support nécessaire pour que les membres du conseil paroissial de pastorale et de l'assemblée de fabrique discernent ensemble à qui on peut confier des tâches administratives et des responsabilités pastorales afin que le prêtre soit davantage au service de la mission de l'Église dans son propre de pasteur. que, si la situation le requiert, des personnes laïques soient embauchées à titre de gérants, sur une base paroissiale ou interparoissiale, pour prendre en charge les questions administratives des paroisses, sous la gouverne de l'assemblée de fabrique.

Article 53. Qu'en vertu de leur vocation fondamentale de baptisés responsables de l'Évangile, des personnes laïques pussent participer aux décisions dans notre Église diocésaine et paroissiale.

B) Responsabilités spécifiques de

certaines personnes laïques

Trois articles de loi abordent diverses modalités selon lesquelles des personnes laïques exercent des responsabilités dans notre Église. La demande de création de nouveaux ministères dont parle l'article 56 peut trouver un exemple concret dans le "ministère auprès des jeunes" dont il a été question plus haut, à l'article 7.

Article 54. Que le rôle, les tâches et l'engagement concret des membres du conseil paroissial de pastorale soient mieux précisés en vue du choix des priorités pastorales, de l'organisation, de l'animation et de la prise en charge des divers services dans la paroisse, selon le modèle de l'Église-communion.

Article 55. Que des responsabilités élargies soient accordées aux personnes laïques, notamment aux agents et agentes de pastorale, en fonction des charismes de chacun et de chacun et des besoins actuels du Peuple de Dieu.

Article 56. Que les besoins actuels du Peuple de Dieu conduisent à une relance soutenue de l'appel au ministère presbytéral et à la création de nouveaux ministères spécifiques nécessaires à la mission de l'Église. que ces ministères soient assortis de véritables responsabilités et au service de l'engagement de tous et toutes à l'égard de l'Évangile.

c) Place des femmes dans l'Église

Dans un contexte où l'on veut favoriser une prise de responsabilités par les laïcs, quelques articles portent plus précisément sur la place des femmes. Nous savons déjà que les femmes constituent une majorité des membres de nos assemblées liturgiques et des bénévoles qui assument diverses tâches pastorales. Le débat sur les conditions de leur égalité avec les hommes dans l'Église revêt une importance qui se traduit

par les deux articles de loi suivants. Dans le document complémentaire, j'explique comment je tiendrai compte d'autres propositions qui ont reçu un vote favorable de l'Assemblée.

Article 57. Que des femmes soient nommées officiellement responsables de régions pastorales.

Article 58. Que des mesures soient prises pour que les femmes participent de manière plus significative à l'exercice de l'autorité dans le diocèse de Québec.

D) Éducation de la foi des adultes

Dans ce chapitre, nous incluons les articles de loi concernant l'éducation de la foi des adultes, réalité de plus en plus perçue comme une nécessité. On constate en effet que beaucoup d'adultes catholiques ignorent les éléments essentiels de la foi ou n'en ont qu'une connaissance confuse qui les empêche d'en être les témoins. Une telle situation les rend plus vulnérables à l'action des sectes et autres groupes religieux. La soif spirituelle apparaît manifeste chez beaucoup de personnes, mais les façons actuelles de présenter l'enseignement de la foi ne semblent pas satisfaisantes.

On comprend mieux aussi que l'expérience de foi est un processus de croissance qui s'étend sur toute la vie. La pédagogie à privilégier pour favoriser cette croissance est celle du questionnement et du partage en communauté, ce qui n'exclut toutefois pas l'enseignement systématique des éléments fondamentaux de la foi.

À partir de ces constatations, les quatre articles de loi suivants sont promulgués:

Article 59. Qu'il y ait une plus grande concertation entre les différents lieux d'éducation de la foi, en vue de répondre aux besoins des milieux en termes d'éducation de la foi des adultes et/ou de formation de catéchètes.

Article 60. Que des activités de ressourcement et d'approfondissement de la foi, en particulier des catéchèses portant sur la Bible, soient offertes chaque année en paroisse.

Article 61. Que des rencontres de réflexion chrétienne sur des événements d'actualité soient offertes sous des formes favorisant la participation et le questionnement.

Article 62. Qu'un programme d'enseignement sur les vérités de la foi chrétienne, telles que proclamées dans le Credo, soit élaboré au niveau diocésain et réalisé dans les paroisses. Le contenu du "Catéchisme de l'Église catholique" pourrait servir de base à ce programme.

E) Formation des responsables

D'autre part, les personnes qui acceptent des responsabilités plus précises dans les communautés, qu'elles soient laïques ou ordonnées, ont-elles aussi besoin d'une formation continue qui les aide à développer leurs compétences et leurs attitudes pastorales.

Article 63. Que des personnes, jeunes et adultes, soient formées afin de témoigner de l'Évangile dans leur milieu de vie (famille, travail, loisirs, études). Que par des moyens formels et informels, tout soit mis en oeuvre pour que chaque chrétien, chaque chrétienne prenne conscience de sa responsabilité première à l'égard de l'annonce de l'Évangile.

Article 64. Que des programmes de formation continue et des activités de ressourcement soient organisés au plan diocésain et offerts aux ministres ordonnés, aux agents et agentes de pastorale. Ces programmes et activités permettraient de mieux saisir l'importance de soutenir la mission de tous les baptisés, d'approfondir le message évangélique et de le transmettre de manière adaptée à la vie d'aujourd'hui. Cette formation devrait comprendre des volets de théologie, de spiritualité et de sciences humaines.

Article 65. Qu'au plan du diocèse et des paroisses, un programme de formation continue soit mis sur pied pour les personnes qui exercent des responsabilités dans la communauté chrétienne afin que, par leurs paroles et leur vie, elles témoignent des valeurs d'Évangile.

Article 66. Que l'Église de Québec assure la formation et l'accompagnement de personnes bénévoles capables d'être responsables d'équipes qui prendront en charge les divers services des communautés chrétiennes (liturgie, enseignement de la foi, animation, engagement social, etc. ) dans un esprit d'Église-communion.

Article 67. Que la communauté chrétienne désigne les personnes bénévoles qu'elle désire voir former pour assumer la prise en charge de ses divers services.

F) Réaménagements pastoraux

Les communautés paroissiales vivent toutes sortes de transformations et sont appelées à des réaménagements qui leur permettront de demeurer vivantes. Dans leur plan d'action issu du rapport Risquer l'avenir, les évêques du Québec demandent de favoriser la formation de groupes de partage reliés à la grande communauté et voient dans ces groupes un élément important de la vie future des paroisses. D'autres tournants sont également à prendre. Les articles de loi suivants soulignent la part des personnes laïques dans les réaménagements pastoraux:

Article 68. Que les autorités diocésaines de Québec encouragent la mise en place de différents modèles de prise en charge de l'animation des communautés chrétiennes, en favorisant la mise en commun des ressources du milieu et l'engagement de laïcs (hommes, femmes, religieux et religieuses) dans des fonctions de responsabilités pastorales, tout en maintenant le rôle pastoral et la signification sacramentelle du ministère presbytéral.

Article 69. Que des agentes et des agents de pastorale soient nommés et mandatés à titre de membres d'une équipe qui participe à l'exercice de la charge pastorale d'une paroisse.

Article 70. Que dans les cas de réaménagements paroissiaux, là où la présence permanente d'un ministre ordonné ne peut pas être assurée, une personne laïque soit désignée à titre de répondante. Qu'elle soit soutenue par une équipe de bénévoles, le tout sous la présidence du ministre ordonné de ce territoire ou regroupement de paroisses.

Article 71. Que les réaménagements des structures paroissiales actuelles soient faits en collaboration avec les gens des paroisses concernés.

Article 72. Que des équipes laïques d'animation spirituelle et/ou pastorale soient mises sur pied dans les paroisses touchées par les réaménagements pastoraux.

D'autres articles de loi énoncent divers aspects concrets des réaménagements à venir en insistant particulièrement sur les petits groupes:

Article 73. Qu'à l'intérieur d'un projet global de pastorale de la grande communauté, les personnes responsables des communautés chrétiennes invitent leurs membres à former des communautés ecclésiales de base, et qu'elles s'assurent que ces communautés seront soutenues et accompagnées. De plus, que les autorités diocésaines reconnaissent et encouragent les communautés déjà existantes ou en formation.

Article 74. Que les responsables des communautés chrétiennes invitent leurs membres à se regrouper autour de la parole de Dieu pour vivre les valeurs de partage, d'accueil et de service proposée par celle-ci.

Au cours des vingt dernières années, les déplacements de la population ont remis en cause l'existence de plusieurs paroisses en zones urbaines. Par ailleurs, les chrétiennes et les chrétiens continuent de manifester un grand attachement à leur église, symbole de leur foi et de leur appartenance. L'article de loi suivant trace une orientation qui guidera les décisions de votre évêque au cours des années à venir.

Article 75. Qu'au cours des cinq prochaines années, le nombre de paroisses canoniquement érigées soit réduit; dans ce cas, que chaque paroisse puisse disposer de plusieurs lieux de culte, selon les besoins réels de la population.

Je promulgue aussi l'article suivant qui, en termes généreux, nous rappelle l'importance de l'évaluation de nos décisions à la lumière de l'Évangile.

Article 76. Que notre Église diocésaine vive de plus en plus les valeurs évangéliques et qu'elle se donne des moyens de réviser régulièrement ses propres pratiques pour apprendre de ses erreurs comme de ses succès.

Enfin, deux articles expriment le rôle important de service et de concertation que les régions pastorales doivent continuer à jouer:

Article 77. Que les régions pastorales soient maintenues et qu'elles soient au service et à l'écoute des besoins des paroisses plutôt qu'au service des projets de l'administration diocésaine; qu'elles participent à l'élaboration des projets pastoraux locaux, qu'elles collaborent davantage aux expériences d'évangélisation vécues en paroisse; qu'elles offrent de la formation, des outils, des lieux d'expérimentation et de l'accompagnement.

Article 78. Que la région pastorale actuelle, dans le respect des initiatives locales, devienne un lieu de rassemblement permanent et régulier qui favorise la communion, le partage d'expériences, le soutien mutuel et l'échange de services entre communautés, pasteurs, intervenants et intervenantes en pastorale.



Début de la page

section 1, table des matières et avant-propos



section 4, les suites et documents complémentaires


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