Page de la loi synodale, sections 2 et 3
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La liturgie et les sacrements
Dans un synode axé sur l'évangélisation, il était sans doute normal que les premiers chapitres traitent de la vie des chrétiens et chrétiennes dans le monde et du témoignage qu'ils doivent y porter. Cependant, il est toujours vrai que "la liturgie... contribue au plus haut point à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Église" (Constitution conciliaire "Sacrosanctum concilium" sur La Sainte Liturgie, no 2). À ce titre, elle occupe une place centrale dans la vie de l'Église.
Dans les quinze années qui ont suivi le Concile, des efforts considérables ont été faits pour que chaque personne baptisée devienne un membre actif et conscient de nos assemblées surtout lors des célébrations dominicales. Ce renouveau n'est jamais fini, car chaque génération de chrétiens et de chrétiennes expérimente des réalités qui influencent constamment les manières de prier.
En même temps, les responsables pastoraux devenaient de plus en plus sensibles à l'importance de la préparation des personnes pour que soient bien célébrés les sacrements. Ceux-ci ont bien sûr une efficacité propre qui leur vient de la présence et l'action de Jésus-Christ, mais ils sont aussi une réponse des personnes à l'Amour qui leur est offert; sous cet aspect, on peut désirer que la réponse donnée ait le plus de profondeur et de sincérité possible.
C'est pourquoi la préparation des enfants aux sacrements de l'initiation est devenue un important chantier pastoral au cours des années 1980, mobilisant ainsi les énergies d'une bonne partie des bénévoles en paroisse.
Par ailleurs, une nouvelle série de question a surgi depuis vingt ans, avec le nombre croissant de ceux et celles qui contractent une seconde union après un divorce et qui veulent continuer à être des membres actifs de l'Église, y compris par la célébration des sacrements. Cette situation pose de douloureuses interrogations auxquelles il n'est pas facile de répondre. Le chapitre premier a déjà traité de l'accueil des personnes divorcées-réengagées, mais le présent chapitre énonce des articles de loi qui portent directement sur leur accès possible aux sacrements.
A) Conditions pour une célébration fructueuse des sacrements
L'Assemblée a voté quelques propositions énumérant des moyens à utiliser pour que les fidèles comprennent et célèbrent mieux les sacrements:
Article 79. Qu'un dynamisme renouvelé, favorisant l'esprit communautaire, marque nos célébrations de diverses manières: qualité de l'accueil; liturgie de la Parole vivante et signifiante, porteuse d'un message clair et adapté à la vie; liturgie eucharistique animée qui laisse de l'espace à l'intériorisation; choix judicieux de chants et de musique; participation active des gens de tous âges selon leurs talents; meilleure utilisation des techniques modernes de communication (audiovisuel, vidéo, etc.).
Article 80. Qu'on moins une fois l'an, lors des messes dominicales, une catéchèse sur l'Eucharistie soit présentée pour favoriser une meilleure compréhension des gestes et des symboles entourant ce sacrement.
De même, l'importance de la prière individuelle et communautaire dans la vie chrétienne est une réalité qui n'est pas suffisamment mise en valeur dans le contexte actuel et les membres du Synode ont nettement demandé qu'un effort soit fait pour la revaloriser. La forme concrète de la "campagne de promotion" dont il est question à l'article 83 reste toutefois à préciser:
Article 81. Que l'Église de Québec entreprenne une vaste sensibilisation à l'importance du dimanche, jour du Seigneur, et à son observance: caractère sacré, espace de gratuité, temps de rencontre.
Article 82. Que les communautés chrétiennes se soucient de faire comprendre et vivre en profondeur les rites sacramentels.
Article 83. Que l'évêque entreprenne une campagne de promotion sur le sens, la valeur et l'importance de la prière dans la vie chrétienne.
B) Célébrations en l'absence du prêtre
La diminution actuelle et prévisible du nombre de ministres ordonnés entraînera une diminution des célébrations eucharistiques et de la célébration des autres sacrements, surtout dans les paroisses à faible population. Le Synode réaffirme, toutefois, l'importance de rassemblements réguliers de chrétiens et chrétiennes pour prier et célébrer le Seigneur présent au coeur des événements de leur vie. Il faut donc prévoir des types de célébrations qui peuvent être animées par des personnes laïques formée et reconnues par la communauté. Les articles de loi suivants expriment ce constat:
Article 84. Que des membres de la communauté chrétienne puissent présider des célébrations n'exigeant pas la présence d'un ministre ordonné, et qu'ils puissent y animer le partage de la Parole.
Article 85. Que des personnes laïques reconnues par leur communauté et autorisées par ses responsables puissent animer des célébrations dominicales de la Parole, accomplir des rites funéraires et assister, au nom de l'Église, à la célébration du mariage. Que de manière occasionnelle, le partage du pain eucharistique ait lieu dans le cadre de telles célébrations.
Article 86. Que le pasteur d'une paroisse reconnaisse à une équipe de bénévoles la responsabilité d'animer des célébrations en son absence.
Article 87. Qu'une formation appropriée soit offerte aux membres de la communauté qui animeront ces célébrations. Que l'on demande aux responsables du "Prions en Église" de publier des modèles de célébration de la Parole en l'absence de prêtre.
c) Amélioration des homélies
Au coeur de la célébration eucharistique, l'homélie est un moment privilégié d'approfondissement de la Parole; celle-ci éclaire et guide la vie des chrétiens et des chrétiennes. Malgré un effort réel des homélistes pour assurer la qualité de leur prédication, des insatisfactions ont été fréquemment manifestées par les membres des équipes synodales. Je promulgue donc quelques décisions qui réaffirment les grands objectifs de la prédication:
Article 88. Pour mieux rejoindre les personnes de l'assemblée, que l'homélie soit proclamée avec conviction et dans un langage simple et vivant.
Article 89. Que l'homélie rende actuelle la parole de Dieu; qu'elle s'enracine dans le vécu quotidien pour que les membres de l'assemblée y trouvent un stimulant à leur vie de foi et qu'ils soient invités à s'engager concrètement au service de l'Évangile.
Article 90. Que l'homélie propose une lecture signifiante de la parole de Dieu en fonction des quêtes de sens des femmes et des hommes d'aujourd'hui et des défis qu'ils doivent relever, et qu'elle favorise une meilleure compréhension de la mission de l'Église.
Article 91. Que des membres de l'assemblée soient associés à la préparation des homélies.
Article 92. Qu'une formation appropriée et des rencontres de perfectionnement soient offertes aux personnes qui font l'homélie dans les assemblés liturgiques.
De plus, le Synode a souhaité qu'en certaines occasions des laïcs puissent faire l'homélie. De façon régulière, cette tâche revient au président de l'Eucharistie, puisque l'homélie fait partie intégrante du ministère de présidence. Les prêtres et les diacres, par leur ordination, sont investis de ce ministère spécifique. Quant aux laïcs, leur baptême les habilite à la prédication sous toutes les formes qui ne sont pas liées à la présidence. Il y a des cas toutefois où l'intervention d'une personne laïque peut être souhaitable à l'intérieur de l'Eucharistie. Ces cas seront précisés dans un document qui paraîtra bientôt et qui tiendra compte du droit universel et des dispositions de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Ces clarifications porteront principalement sur la deuxième partie de l'article suivant que je promulgue:
Article 93. Que la responsabilité à l'égard de l'annonce de la parole de Dieu revienne à tous les membres du Peuple de Dieu et cela, suivant les conditions, les fonctions, les ministères et les charismes reconnus à chacun. Que dans cette perspective, des laïcs soient chargés du ministère de la prédication et puissent aussi faire occasionnellement l'homélie sous la responsabilité du président de l'assemblée et en lien avec lui.
D) Célébrations adaptées aux jeunes.
Le Synode a en outre insisté sur l'importance de célébrations adaptées aux jeunes et sur la qualité de préparation de chaque célébration:
Article 94. Que les communautés paroissiales portent une attention particulière aux enfants, aux adolescentes et aux adolescents en organisant avec eux et pour eux des célébrations liturgiques vivantes et variées (messes, temps de prière, liturgie de la Parole, liturgie pénitentielle, etc.).
Article 95. Que les communautés paroissiales organisent des temps ou des groupes de partage de la parole de Dieu pour les enfants, les adolescentes et les adolescents, les jeunes adultes, etc.
Article 96. Que chaque communauté chrétienne mette sur pied un comité de liturgie chargé d'assurer la qualité de la vie liturgique et que des personnes-ressources compétentes apportent un soutien aux membres de ce comité.
E) Sacrement de la pénitence et de la réconciliation
On connaît la baisse significative de fréquentation du sacrement de la pénitence et de la réconciliation depuis une vingtaine d'années et ce, malgré la qualité des diverses célébrations communautaires qui sont offertes. Je promulgue deux articles de loi qui visent à revaloriser ce sacrement dans la vie des fidèles:
Article 97. Que l'Évêque de Québec prenne clairement position sur le sens du sacrement de pénitence et de la réconciliation et sur la façon de le célébrer, pour que soit dissipée la confusion actuelle entourant ce sacrement.
Article 98. Que l'Église de Québec propose de nouvelles démarches non sacramentelles qui favorisent des cheminements vers la réconciliation pour toutes les personnes qui la recherchent.
F) Initiation chrétienne
De nombreux articles de la loi synodale ont trait aux orientations à donner à l'initiation chrétienne des jeunes et aussi des adultes. Bien informés des joies et des déceptions rencontrées dans ce domaine de l'action pastorale depuis vingt ans, les membres du Synode ont insisté sur les points suivants: la nécessité d'aider les parents à accompagner leurs jeunes et l'importance de diversifier les chemins d'accès aux sacrements du pardon, de l'Eucharistie et de la confirmation, en tenant compte de la grande variété des situations familiales:
Article 99. Que le contenu de la démarche d'initiation aux sacrements soit révisé pour en faire une véritable étape dans l'initiation à la vie chrétienne.
Article 100. Que la communauté chrétienne accompagne les parents dans leur responsabilité de premiers éducateurs de la foi de leurs enfants, et qu'elle leur propose des moyens concrets pour les aider (session sur l'éveil de la foi des tout-petits, session sur les sacrements de l'initiation, catéchèses, documentation, etc. ).
Article 101. Que dans la communauté chrétienne, l'équipe responsable de l'initiation sacramentelle demande la collaboration des parents à la préparation sacramentelle de leurs jeunes; que l'équipe soutienne les parents dans l'accompagnement à donner aux jeunes.
Article 102. Suite à l'initiation à un sacrement, que la communauté chrétienne, par l'entremise d'une équipe responsable, propose aux parents et aux jeunes divers moyens de continuer à grandir dans la foi.
Article 103. Qu'en Église, nous révisions les exigences et les politiques en matière d'accessibilité, de préparation et de célébration des sacrements de l'initiation chrétienne afin de proposer différentes démarches qui correspondent aux situations et aux âges variés des personnes qui en font la demande.
Article 104. Lorsque les parents manifestent peu pou pas de signes d'appartenance à la communauté chrétienne, que les jeunes puissent être admis à un sacrement de l'initiation en se faisant accompagner par une marraine ou un parrain et que le consentement respectueux de parents demeure requis de manière à ne pas placer un jeune au centre d'un conflit déchirant.
Article 105. que soit révisée la pratique actuelle qui tend à fixer pour tout le monde l'âge de la confirmation à l'étape de l'enfance ou de l'adolescence. Qu'il soit clairement dit que la confirmation peut être reçue à tout âge, en fonction du cheminement et du choix libre des personnes. Que ces personnes puissent célébrer ce sacrement au moment le plus approprié de leur cheminement, en tenant compte de leur croissance dans la foi et de leur liberté de choix.
G) Accès des personnes divorcées-réengagées aux sacrements.
En complémentarité avec les articles du chapitre I qui portaient sur l'accueil à réserver aux personnes divorcées-réengagées dans notre Église, les membres du Synode ont formulé diverses propositions pour leur rendre possible l'accès aux sacrements du pardon et de l'Eucharistie, mais selon certaines modalités. J'ai décidé de promulguer trois articles de loi à ce sujet et de former une commission d'étude, sous la présidence de Mme France Lefrançois, afin de proposer un enseignement à caractère pastoral qui soit le plus éclairant possible.
Article 106. Que toutes les personnes demandant un sacrement soient accueillies et qu'avec elles, on choisisse les cheminements adaptés à leur situation.
Article 107. Que pour l'accueil aux sacrements des personnes en situation particulière dans l'Église, nous insistions davantage sur l'amour miséricordieux du Seigneur que sur les lois enfreintes à cause des limites humaines.
Article 108. Que l'Église de Québec informe adéquatement ses membres sur les conditions d'accès aux sacrements pour les personnes vivant des situations particulières dans l'Église.
H) Accueil des personnes qui s'interrogent sur la foi
Dans la situation de grande diversité qui prévaut actuellement par rapport à la foi chrétienne, bien des personnes adultes, baptisées ou non, sont en recherche. Elles ne se sentent pas prêtes à célébrer immédiatement les sacrements mais désirent exprimer et approfondir leur croyance de diverses façons. D'où l'article de loi suivant:
Article 109. Dans notre Église diocésaine, que soient mises sur pied des structures permanentes d'accueil pour ceux et celles qui s'interrogent sur la foi catholique et veulent entreprendre une démarche de cheminement, et en particulier: un catéchuménat permettant de célébrer les sacrements de l'initiation à l'âge adulte; un rite d'accueil pour les nouveau-nés; une forme de rassemblement et de prière dominicale qui ne soit pas une liturgie eucharistique.
Les suites au Synode
Le dernier article de la loi synodale donne un aperçu de la façon d'assurer un suivi au Synode:
Article 110. Que le peuple de Dieu soit informé des propositions retenues à l'Assemblée synodale: prenne le temps de prier ensemble; cherche les moyens d'en assurer le suivi et la réalisation, et ce particulièrement par la tenue de rencontres dans chaque région pastorale du diocèse.
DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE
Propositions acceptées par l'Assemblée synodale, non promulguées et transmises à d'autres instances ecclésiales
Au cours des trois années de la démarche synodale, j'ai fréquemment invité les personnes à s'exprimer librement sur tout ce qui leur semblait souhaitable pour rendre notre Église plus fidèle à l'Évangile. J'ai aussi tenu à retirer aucune proposition du débat et du vote de l'Assemblée synodale.
Cependant, de par mon ministère d'évêque, je suis à la fois responsable de l'unité de mon Église et de sa communion avec les autres Églises diocésaines. Certaines propositions acceptées par l'Assemblée synodale dépassent la compétence de l'Archevêque de Québec; elles sont ici regroupées. Je les transmettrai à mes confrères et au souverain pontife, comme étant le reflet de la position d'une assemblée représentative des chrétiens et des chrétiennes de mon diocèse.
La proposition "Que des hommes mariés puissent être appelés au sacerdoce ministériel" va à l'encontre de la discipline actuelle de l'Église catholique latine; des Églises catholiques orientales, cependant, ont une discipline différente. Au cours des dernières décennies, l'Église s'est interrogée sur cette position disciplinaire, mais a décidé de ne pas la changer.
Une proposition similaire concernant l'accès des femmes au sacerdoce n'a pas retenue; elle n'avait pas obtenu, de justesse, le minimum de voix requises par le règlement.
La proposition "Que des charges ecclésiales soient confiées aux prêtres laïcisés qui désireraient s'engager dans la communauté chrétienne" est ambiguë. Plusieurs prêtres qui ont été relevés de leurs obligations sont actifs dans l'Église, comme peut l'être d'ailleurs toute personne baptisée. Mais telle que formulée, la proposition pourrait englober certains ministères auxquels ces personnes ont elles-mêmes renoncé, ou dont l'exercice leur est interdit en vertu de l'indult (permission) papal les exemptant des obligations liées à leur sacerdoce.
La proposition "Qu'après avoir reçu une formulation et acquis une expérience en pastorale, des femmes puissent être appelées au diaconat permanent" n'a pas fait l'objet d'un refus précis et définitif jusqu'à maintenant, mais elle relève évidemment d'une décision du pape et de l'enseignement des évêques.
Quant à la proposition "Que l'Archevêque de Québec demande à notre Saint-Père le pape Jean-Paul II que soit remise à l'étude la question de l'accession des femmes au sacerdoce ministériel", la récente déclaration du pape (22 mai 1944) sur cette question, renforcée par un document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ( 18 novembre 1995) affirme nettement que les femmes ne peuvent avoir accès au sacerdoce; il demande que cet enseignement soit définitivement tenu par tous les fidèles. Dans ce contexte, il serait inconvenant d'insister auprès du Saint-Père pour une remise en question de sa décision.
La proposition "Que l'Église de Québec reconnaisse l'égalité des chrétiens et des chrétiennes face aux ministères, et mette sur pied une commission avec mandat d'examiner les moyens de rendre concrète et visible cette égalité et de la promouvoir au sein de l'Église québécoise, de l'Église canadienne et de l'Église universelle" peut s'interpréter de diverses façons, selon qu'il s'agit de ministères ordonnés, de ministères institués ( au sens canonique du terme) ou de "ministères" reconnus par l'évêque. Je me sentirais autorisé à promulgué cette proposition, s'il s'agissait, pour l'évêque, de "reconnaître" certains engagements ecclésiaux comme des ministères intimement liés à l'édification de l'Église-communion. Concrètement, il n'existe pas encore de tels ministères dans notre diocèse, mais l'un des articles de la loi synodale demande d'en créer un spécifiquement auprès des jeunes. Le texte sur les ministères, dont il a été question à la page 28 du document de promulgation, reviendra sur ce point; une étude est d'ailleurs déjà en cours à ce sujet.
La proposition "Que le présent Synode manifeste clairement à l'autorité romaine que l'Église catholique et la société reflètent des réalités diverses d'un pays à l'autre; que l'Église universelle définisse les grandes doctrines et laisse ensuite les diocèses adopter les règles de conduite selon la culture et les traits caractéristiques de leurs milieux" est formulée de façon fort abrupte. Je comprends bien qu'elle insiste sur l'importance de l'inculturation de la foi dans notre société actuelle et je me fais déjà fréquemment l'écho de cette préoccupation à Rome et ailleurs. Je continuerai mes interventions en ce sens. Cependant je ne peux entériner une affirmation qui réduirait les exigences de l'unité ecclésiale.
La proposition "Que l'Évêque de Québec permette d'expérimenter durant trois ans la pratique pastorale de la célébration du sacrement de la pénitence et de la réconciliation avec absolution collective dans certains temps forts de la vie ecclésiale (Avent, Carême, retraite paroissiale) et peut-être plus particulièrement durant la Semaine Sainte. Pour assurer le sérieux de la démarche que soient prévus un temps adéquat de préparation (catéchèse et prière) et une évaluation continue de l'expérimentation" demande une réflexion avec mes confrères évêques des diocèses voisins, réflexion qui est déjà en cours ailleurs. Rappelons que lorsqu'un document de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (16 juin 1972) a introduit la possibilité de célébrer le sacrement de la pénitence et de la réconciliation avec une absolution collective, il réservait cette pratique à de rares cas de pénurie manifeste de prêtres ou de très grande affluence de fidèles. La proposition adoptée par l'Assemblée synodale a été plutôt introduite dans le but de remédier à la désaffection des fidèles à l'égard de ce sacrement. C'est une orientation toute différente bien qu'elle ne soit pas nécessairement contradictoire. Au cours des années, des évêques québécois ont édicté des normes diocésaines qui permettaient l'absolution collective dans des circonstances bien délimitées; d'autres, dont celui de Québec, s'en sont abstenus. J'ai l'intention de publier un texte qui redira le sens, la valeur et les conditions de célébration de ce sacrement important de notre Église.
Deux propositions traitent de l'accès des personnes divorcées-réengagées aux sacrements du pardon et de l'Eucharistie. En voici le contenu: "Que nous exprimions à la grande Église notre désir de ne pas lier l'accès aux sacrements au statut marital des personnes, mais à leur volonté de vivre selon l'Évangile". "Que les personnes et les couples qui vivent une situation particulière dans l'Église, qui ont conservé la foi et qui demeurent désireux d'accéder aux sacrements de la réconciliation et de l'Eucharistie soient accueillis inconditionnellement; qu'un cheminement dans la foi soit proposé pour éclairer leur conscience et que leur décision soit respectée quant à leur participation aux dits sacrements".
Une troisième proposition peut aussi avoir trait à cette question: "Qu'aucune personne baptisée ne soit privée de la sollicitude de l'Église et de l'amour accueillant de ses frères et soeurs dans la foi et que, dans une recherche d'unité chrétienne, la table eucharistique soit ouverte aux personnes qui y reconnaissent le repas du Seigneur".
Ces proportions divergent de l'enseignement actuel de l'Église quant à la possibilité des personnes divorcées-réengagées d'accéder aux sacrements. Cet enseignement affirme que ces personnes sont membres de l'Église et doivent être l'objet de sa sollicitude pastorale, certes, mais il fait un lien intime entre leur état marital et la possibilité ou non de célébrer les sacrements du pardon et de l'Eucharistie. La commission mise sur pied pour traiter cette question tentera de fournir des directives pastorales qui soient le plus respectueuses possible des diverses situations susceptibles de se présenter.
La proposition plus haut citée "Qu'aucune personne baptisée ne soit privée de la sollicitude de l'Église... " peut aussi s'entendre dans le sens d'une ouverture de la communion eucharistique aux non-catholiques. La possibilité pour des non-catholiques de communier à une messe catholique existe pour les fidèles de l'Église orthodoxe et, dans certains cas, pour ceux de l'Église anglicane et de certaines Églises protestantes dont la foi en la présence eucharistique est très proche de la nôtre. Pour le moment, la discipline de l'Église universelle n'autorise pas à en faire une pratique régulière tant que l'unité plénière ne sera pas réalisée entre nos Églises.
Telles sont les décisions que j'ai prises par rapport à ces diverses propositions. Sur plusieurs de ces points qui sont l'objet de débats parfois douloureux, je souhaite que nous continuions de "marcher ensemble" et que nous restions à l'écoute de ce que l'Esprit nous dit à travers l'Évangile et la vie des hommes et des femmes de chez nous; cette écoute nous ouvrira peut-être des chemins inédits où l'Esprit nous conduira...
section 1, table des matières et avant-propos